Bonne Nouvelle, tous concernés !
En 1996, les évêques de France ont adressé une Lettre aux catholiques de France : Proposer la foi dans la société actuelle. Cette lettre articule fidélité ecclésiale et prise en compte du monde qui est aujourd'hui le nôtre. Les changements culturels de la société française doivent être perçus dans toute leur ampleur : sécularisation, individualisme, épanouissement de soi, consommation etc. Ces changements ne doivent pas nous empêcher de proposer une foi vécue et annoncée. Depuis la venue de Jésus-Christ, les croyants ont toujours cherché à comprendre les mutations des sociétés dans lesquelles ils vivaient. L'Evangile s'incarne dans une humanité qui se fait société.
En 2003, la commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat publiait un petit document par la taille mais un grand document par son contenu et son impact : Aller au cœur de la foi - Questions d'avenir pour la catéchèse. Ce document est un des fruits de la Lettre aux catholiques de France. Trois étapes jalonnent ce texte : Lettre au peuple de Dieu. Invitation au chemin et un instrument de travail aux communautés chrétiennes (Lumière au cœur du monde. Une parole vivante. Saisis par le Christ. Devenir le corps du Christ et un Envoi). Rappelez-vous que ce document se terminait par une invitation : Ecrivez-nous. Des milliers de lettres sont arrivées au service de la conférence épiscopale.
Dans ce texte, nous étions conviés à nous plonger dans le bain du mystère pascal : Dieu fait sa Pâque. Dieu a ressuscité son Fils d'entre les morts. La mort, la résurrection et l'élévation de Jésus-Christ sont le cœur du mystère divin et de la foi chrétienne. Aller au cœur de la foi, c'est se mettre en chemin pour laisser le Christ venir à notre rencontre. Rappelez-vous : "Chemin faisant". La foi chrétienne n'est pas une adhésion à des valeurs mais la rencontre de Dieu en Jésus-Christ et l'édification d'une relation d'amitié avec ce même Dieu. Il ne s'agit pas de découvrir un livre, fut-il l'Evangile, mais d'oser le dévoilement de Dieu et de soi-même dans la fragilité de toute relation.
2006 : Texte national pour l'orientation de la catéchèse en France - Principes d'organisation. Deux documents de la Conférence des Evêques de France réunis en un seul volume. Nous pouvons regretter que l'abréviation (TNOC) soit imprononçable. On ne pense pas à tout, même quand plus de cent évêques sont rassemblés !
Voici comment Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France présente ces textes « Ils concernent la responsabilité catéchétique de l'Eglise et s'adressent à tous ceux qui se sentent concernés par cette mission essentielle d'éducation de la foi à tous âges. » Ce texte est force de proposition. Je cite l'avant-propos : « Nous pensons nécessaire d'appeler résolument la catéchèse à se situer dans une volonté d'évangélisation, d'inviter pour cela les communautés à prendre conscience de leur vocation en vivant toujours davantage du mystère pascal, et d'être ainsi, par leur existence et leur manière de vivre, des signes pour le monde d'aujourd'hui et, en particulier, pour les catéchisés. » Je relève la volonté d'évangélisation, l'invitation faite aux communautés et le souhait d'être signes pour le monde d'aujourd'hui. Nous nous situons résolument dans une Eglise qui se veut sacrement du Christ (Lumen Gentium 1).
A la fin du Texte National pour l'Orientation Catéchétique, chaque évêque est invité à doter « son diocèse d'un projet global de catéchèse par lequel il indique ses priorités et ses choix d'organisation. » C'est ce que nous avons élaboré ensemble depuis 2006.
En Somme, Bonne nouvelle : tous concernés - Projet diocésain de catéchèse. Les deux points d'insistance reprennent l'avant-propos : première annonce et vie communautaire. Notre société contemporaine a pris conscience que transmettre est difficile. Cela n'est pas nouveau. Platon le déplorait déjà. Tous les lieux institutionnels de notre société sont confrontés au même défi. Comment transmettre ce que nous avons reçu de nos pères pour que chacun y puise des ressources pour son bonheur et pour que nous fassions société.
Faire communauté est l'autre appel qui nous est adressé. L'Eglise est cette communauté assemblée qui annonce, célèbre et sert. Si nous ne sommes pas des communautés vivantes, joyeuses, fraternelles, accueillantes et ouvertes, notre témoignage n'est pas authentique. C'est une œuvre au long cours mais vitale pour notre avenir.
La crise de la transmission ne cache pas la soif de sens qui habite nos contemporains. Les grandes questions anthropologiques traversent chacun : Qu'est-ce que la vie ? Y-a-t-il quelque chose après cette vie ? Comment aimer en vérité ? D'où venons-nous et où allons-nous ? Le sens de l'humain est remis en cause. Qu'est-ce qu'un humain : homme et femme ? Crise de la bioéthique, crise de l'économie, crise des relations internationales, crises des hégémonies. Les "pourquoi" de cette recherche de sens n'ont jamais été si nombreux. La quête spirituelle traverse nos sociétés post-modernes.
Bonne Nouvelle : Tous concernés.
Jésus-Christ, Bonne Nouvelle... Jésus-Christ est toujours bon, il reflète la bonté. Fr. Roger Schutz invitait à mettre la bonté en premier en nos vies... Jésus Christ toujours neuf parce que personne. Si nous nous attachons à la lettre de l'Evangile, nous pouvons penser que nous connaissons les paroles du Nouveau Testament mais si nous y rencontrons une personne, nous ne pouvons pas dire que nous la connaissons totalement, définitivement... Nous n'avons jamais fini de découvrir qui est l'autre et qui nous sommes.
Tous concernés, pas simplement les professionnels de la catéchèse... Nous avons vécu une Eglise très cloisonnée... nous sommes toujours tentés par le cloisonnement : entre paroisses, entre secteurs apostoliques, entre les paroisses , secteurs et diocèse, entre services diocésains et réalités territoriales, entre mouvements et paroisses, entre mouvements eux-mêmes, je vous laisse décliner la suite des cloisons qu'il nous faut abattre. Notre Eglise diocésaine est une dans la diversité de ses membres, de leurs compétences et charismes, dans la diversité des engagements et services.
Cette année sera une année de conversion. Nous sommes invités à ne pas rester enfermé dans nos schémas habituels. Il nous faudra faire du neuf, de vrai neuf et non pas du rafistolage pour sauver ce que nous pensons pouvoir encore sauver.
Alors, en avant, la Bonne Nouvelle nous entraîne.
Je vous souhaite une bonne fête de Saint Firmin.
Amiens le 27 septembre 2009
+ Jean-Luc BOUILLERET
Evêque d'Amiens
| Suivant > |
|---|





